Le Perthus : résultats d’inventaires acoustiques en période de transit printanier (Fort de Bellegarde, Pyrénées-Orientales, 2017)


A partir du 6 mars 2017, un enregistreur automatique d’ultra-son (type : SM4bat, format d’enregistrement : .WAV) est installé au niveau Fort de Bellegarde dominant le col du Perthus, afin de rechercher la présence en migration printanière de la Grande Noctule (Nyctalus lasiopterus).

Trois contacts de Grande noctule (détermination Michel Barataud, jugée fortement probable) en phase d’approche ont été détectés le 10 avril 2017 à 21h25. Il s’agit des seuls contacts de l’étude menée à l’échelle des Pyrénées-Orientales, à cette saison, où huit zones d’inventaires ont été échantillonnés par la Fédération des RN Catalanes, la RN de la Massane et Symbiose.

Ainsi jusqu’au 20 avril, c’est 14 espèces qui ont été inventoriés au niveau du Fort de Bellegarde (Pipistrelle commune, Pipistrelle de Kuhl, Pipistrelle pygmée, Molosse de Cestoni, Noctule de Leisler, Vespère de Savi, Oreillard sp, Murin de Capaccini (probable), Minioptère de Schreibers, Grand rhinolophe, Petit rhinolophe, Rhinolophe euryale (probable), Sérotine commune). 
Le Fort de Bellegarde est connu pour abriter une colonie de Minioptère de Schreibers en transit (Serra-Cobo et Balcell , 1990) et de Rhinolophe euryale (V. Ruffray, septembre 2005, N = 200 ind). Les suivis effectués en 2008 avait mis en évidence qu’une dizaine d’individus de Rhinolophe euryale de février à mai (M.-O. Durand). 
Lors d’un comptage réalisé le 17/05/2017, une colonie regroupant une cinquantaine d’individus de Minioptère de Schreibers a été observée (M.-O. Durand, C. Dujardin). L’analyse des enregistrements indique des contacts de Minioptère à partir du 8 mars 2017 dès le crépuscule, avec une augmentation de l’activité à partir du 16 mars. On peut donc envisager leur présence dans le gîte du Fort de Bellegarde dès le mois de mars. Au sein du cortège d’espèce classiquement présent avec eux en gîte, on retrouve sur les enregistreurs des contacts de Rhinolophe euryale et de Murin de Capaccini (det. probable). 




Lors de cette visite du 17/05/201 les combles ont été inspectés et 3 Grand rhinolophe ont été observés ainsi que de gros tas de guano laissant envisager la présence d’une colonie de mise-bas. Aucun Oreillard n’a été observé lors de cette visite, néanmoins une 60ène de contact sur la durée de l’étude avec des détections dans l’heure suivant le crépuscule et en fin de nuit traduisent probablement d’un gîte dans le bâtiment.


La Noctule de Leisler, a été détectées lors de quelques contacts (20 contacts) traduisant de déplacements migratoires en plein ciel. Cette vingtaine de contacts ne traduit pas comme on pourrait s’y attendre d’un comportement migratoire marqué sur le col du Perthus à cette saison. Il semblerait qu’elle passe principalement sur la côte, comme semble l’indique l’activité détectée sur l’étang de Canet (66) (source : Marie-Odile Durand, 2018 en cours de rédaction).



La présence du Molosse de Cestoni est plus régulière sur la durée de l’étude et sa présence est détectée de manière récurrente dans l’heure suivant le crépuscule. Les remparts et bâtiments du Fort de Bellegarde fournissent de nombreux gîtes potentiels pour l’espèce, à l’instar de ce qui était connu pour le Fort de Salses (source : com. pers. H. Salvayre).



Marie-Odile Durand, SYMBIOSE expertise faunistique, mars 2018.
Etude réalisée en collaboration avec Céline Dujardin (stagiaire, Master 1 UPVD) et le GCLR.


Rabouillet : résultats d’inventaires acoustiques en période de transit printanier (rucher de la soulane, Pyrénées-Orientales, 2017)

A partir du 25 février 2017, un enregistreur automatique d’ultra-son (type : SM2bat+, format d’enregistrement : .WAC) est installé au niveau du rucher de la soulane en périphérie du vieux village de Rabouillet, surplombant une prairie naturelle, afin de rechercher la présence en migration printanière de la Grande Noctule (Nyctalus lasiopterus).

Aucune donnée de cette espèce n’a été contactée, mais les enregistrements effectués jusqu’au 16 avril 2017 donnent des informations locales sur les chauves-souris. Dix espèces ont été inventoriées (Pipistrelle commune, Pipistrelle de Kuhl, Pipistrelle pygmée, Molosse de Cestoni, Noctule de Leisler, Minioptère de Schreibers, Grand rhinolophe, Petit rhinolophe, Barbastelle d’Europe, Sérotine commune).
L’activité des Pipistrelles est importante mais elle est principalement liée à celle de la Pipistrelle de Kuhl. Des passages ponctuels de Noctule de Leisler marquent sa présence dans la vallée avec un premier contact le 7 mars 2017. On observe que l’ensemble des contacts (N=13c) sont détectés dans l’heure suivant le crépuscule. Le 7 mars apparaît aussi le premier contact de Molosse de Cestoni et de Barbastelle d’Europe. Les rhinolophes n’ont été détectées que le 14 mars lors d’un seul contact. Un gîte secondaire pour ces espèces est connu dans le village et une colonie de mise bas de Petit rhinolophe est présente en périphérie. 



Concernant le Minioptère de Schreibers, son activité est observée à partir du 2 mars jusqu'au 9 avril 2017. On observe toutefois un pic de fréquentation plus marquée entre le 13 et le 17 mars 2017, et cela dès le crépuscule avec une activité de chasse se poursuivant jusqu’à 01h00 du matin environ.




Des données recueillies il y a 5 ans sur le même lieu, le 28 août 2012 (M.-O. Durand), font état d'un cortège d’espèces similaires, avec des contacts de Minioptère de Schreibers, Barbastelle d’Europe, Noctule de Leisler, Petit rhinolophe, Pipistrelle commune, Pipistrelle de Kuhl, Sérotine commune.

En conclusion, un gîte à Minioptère serait à rechercher dans ce secteur des Fenouillèdes pauvre en prospection et la présence de Barbastelle serait a préciser en période estivale. Cette dernière est plutôt rare dans le département, mais apparaît toutefois bien présente dans certain secteur. 

Marie-Odile Durand, SYMBIOSE expertise faunistique, mars 2018.
Etude réalisée en collaboration avec Céline Dujardin (stagiaire, Master 1 UPVD) et le GCLR

Vinça: bilan de la session d’écoute Chiroptérologique en période de transit printanier sur la Chapelle Saint Pierre (Pyrénées-Orientales, 2017)

Dés le 28 février 2017, un enregistreur automatique d’ultra-son (type : SM2bat+, format d’enregistrement : .ZCA) est installé au niveau de la chapelle Saint Pierre à Vinça, dominant la rivière de la Têt, afin de rechercher la présence en migration printanière d’une chauve-souris encore peu connue dans le département : la Grande Noctule (Nyctalus lasiopterus).

Les résultats n'ont pas mis en évidence cette espèce rare, mais les enregistrements effectués jusqu’au 24 avril 2017 donnent quelques informations locales sur les chauves-souris. Tout d’abord, 11 espèces ou groupe d’espèces ont été inventoriées (Pipistrelle commune, Pipistrelle de Kuhl, Pipistrelle pygmée, Molosse de Cestoni, Noctule de Leisler, Vespère de Savi, Oreillard sp, Murin sp, Minioptère de Schreibers, Grand rhinolophe, Petit rhinolophe), et 1 espèce suspectée (Pipistrelle de Nathusius). Les espèces les plus abondamment contactées sont les trois pipistrelles, qui sont des espèces relativement communes parmi les chauves-souris. A contrario, le Molosse de Cestoni (8 contacts), la Noctule de Leisler (6 contacts) et le Vespère de Savi (4 contacts) n’ont pas été détectés fréquemment sur la durée de l’étude. Malgré que la rivière Têt semble leur fournir une voie de migration privilégiée.
Concernant les rhinolophe, l’analyse horaire quotidienne des enregistrements effectués indique qu’ils fréquentent la chapelle en journée et au cours de la nuit. Ainsi, au réveil de l’hibernation, on observe dès le 6 mars une activité ponctuelle en début de nuit de Grand rhinolophe. Cette activité est probablement liée à une activité exploratoire du bâtiment ou à une recherche de nourriture (insectes) aux alentours de la chapelle. En avril, on constate la présence diurne de Grand rhinolophe dans la chapelle les 7, 8, 12 avril 2017. Cela se traduit sur les enregistreurs avec des contacts à l’aube et au crépuscule témoignant de l’arrivée et du départ du Grand rhinolophe dans le gîte (en faible effectif). L’activité récurrente de Petit et de Grand rhinolophe observée en cours de nuit, associée à la présence de crottes éparses dans la chapelle et aux restes de repas, indique une utilisation préférentielle de ce gîte comme reposoir nocturne par quelques individus.



Concernant le Minioptère de Schreibers, l’analyse horaire quotidienne met en évidence, une présence de l’espèce en sortie d’hibernation à partir du 9 mars 2017. Les contacts récurrents au crépuscule indiquent la présence de l’espèce dans un gîte en proximité immédiate de la chapelle Saint Pierre sur toute la durée des écoutes nocturnes de printemps. Le pic d’activité détecté le 14 avril 2017, est liée à une activité de chasse de l’espèce autour de la chapelle. Ainsi, il est fortement probable que le gîte du tunnel du barrage de Vinça, inscrit au réseau Natura 2000 dans le site « Chiroptères des Pyrénées-Orientales » abrite, en sus de la population automnale connue, une colonie printanière.



En conclusion, même si l’objectif initial de ce suivi printanier n’a pas été atteint, les informations relevées au sujet des rhinolophes précise l’utilisation du gîte de la chapelle de Saint Pierre à Vinça, et ouvre des pistes de recherche concernant la phénologie de fréquentation des Minioptère de Schreibers dans le tunnel du barrage.

Marie-Odile Durand, SYMBIOSE expertise faunistique, mars 2018.
Etude réalisée en collaboration avec Céline Dujardin (stagiaire, Master 1 UPVD) et le GCLR.

Présentation de SYMBIOSE

Le département des Pyrénées-Orientales est riche de 29 espèces de chauves-souris (soit 95% de la richesse spécifique française), son enjeu local de conservation vis-à-vis de ces espèces est donc très fort. Les pressions et les menaces sur ces espèces se font de plus en plus pressentes (dérangement de colonies, destruction de gîtes, empoisonnement et destruction de leur territoire de chasse). 

-  Afin de prendre en compte au mieux les chauves-souris dans les actions de gestion et les politiques d’aménagement du territoire ;
-  Afin de familiariser petits et grands à leur écologie ;
-  Afin de former des professionnels à leur étude ;

SYMBIOSE expertise faunistique propose :

- un appui aux porteurs de projet (étude de terrain, expertise acoustique, proposition de mesures) ;
- de communiquer sur les gestes en faveur des chauves-souris et sur leur écologie (conférences, intervention en milieu scolaire, animation nocturne) ;

- des stages et interventions en milieu professionnel. 

Symbiose expertise et médiation chiroptérologique est une entreprise individuelle en activité depuis 2010 gérée par une Chiroptérologue de Catalogne nord, Marie-Odile Durand.

Animation grand public Salses 2017


Bat attitude au périscolaire... année 2017

Illustration de la dernière séance en salle pour les enfants de CM1-CM2 de l'école de Canohès présents le vendredi après-midi, pour cloturer sur les bonnes attitudes à tenir vis à vis des chauves-souris. 







La bad attitude au périscolaire de Canohès. Année 2017

Illustration des menaces pour les chauves-souris.
Réalisé par le périscolaire de Canohès.







Chasse à l'insecte et autres proies pour le périscolaire de Canohès

Vendredi, pour comprendre de quoi se nourri les chauves-souris, rien de plus ludique qu'une chasse au trésor détournée en chasse aux bestioles en papier...des orthoptères (criquet ou sauterelle) dans l'herbe, des moustiques dans la haie à l'abris du vent, coléoptères dans les souches, papillons et araignées...
Et pour clôturer la séance une petite chasse aux papillons (les vrais cette fois) s'est provisée pour la plus grande joie des enfants.


Etude de la Grande noctule

1er mars 2017, l'étude est lancée pour la phase de migration printanière...

 Avec l'aide d'une étudiante de Master 1 à l'Université de Perpignan, SYMBIOSE réalise une étude sur la Grande noctule en partenariat avec la fédération des réserves naturelles catalanes et l'association Myotis (association de protection des chauves-souris 66). Cette étude s'inscrit dans un contexte national qui va mobiliser de nombreux partenaires dans les années à venir pour mieux étudier cette espèce dont plusieurs aspects de son écologie restent encore méconnus.

Dans le département des Pyrénées-Orientales, l'année 2017 fera l'objet d'un premier inventaire pour connaitre les périodes de présence de l'espèce. En effet, seules trois données la mentionnent dans le département, certaines en septembre sur les cols d'altitudes des porteilles de Mantet et de Rotja, l'autre en juillet dans la plaine du Roussillon.

En 2017, huit points d'enregistrements sont réalisés, grâce à des boîtiers détectant les ultra-son des chauves-souris, jusqu'au 30 avril.

Cinq points (bientôt six) sont suivis par SYMBIOSE au niveau de corridors de déplacements pressentis :
- la Têt à Vinça
- les Corbières maritimes à Fitou
- le littoral à l'étang de Canet
- l'Agly à Estagel
- la Désix à Rabouillet
Et, bientôt, le col du Perthus au Fort de Bellegarde...

En parallèle, la FRNC suit 3 autres secteurs favorables du département : le col de la Perche, la forêt de la Massane et le col de Mantet.



Merci aux mairies de Vinça et d'Estagel ainsi qu'à Perpignan Méditerranée Métropole et aux agents mobilisées pour nous ouvrir les portes...

Le vendredi c'est chauve-souris (4)

Cette fois c'était la découverte du sonar des chauves-souris qui était à l'honneur ce vendredi après-midi à l'école de Canohès. Après des notions d'écologie et de physique acoustique nous avons écouté et apprécié les différentes mélodies et rythmes quelques fois endiablés de ces espèces.